Archiwum


2014

No 5 (2014)

La lecture de Cahiers ERTA 5 confirme que la perspective comparatiste
ouvre l’esprit sur l’autre quel qu’il soit : être, création,
culture. La sensibilisation à des phénomènes qui ne fondent pas
notre culture donc qui n’entraînent pas notre compréhension immédiate
constitue néanmoins le fondement de notre savoir futur
et de relations importantes. D’ailleurs, le monde médiatisé impose
la communication au-delà de n’importe quelle frontière, ne
permet pas de passer à côté. La ressemblance et la différence
sont des valeurs égales en elles-mêmes qui confirment d’un côté
la richesse de l’esprit humain, et de l’autre, la communauté des
êtres humains. Rien ne flatte plus que la conscience de sa propre
originalité et rien n’apaise plus que la conscience de vivre les
mêmes angoisses. Appliquer la perspective comparatiste veut
dire partager une expérience, s’approcher de l’autre, permettre
de saisir l’homme dans ses dévoilements innombrables.

2018

No 13 (2018): Cahiers ERTA. La terre, le territoire, la carte.

La géocritique, définie par Bertrand Westphal comme l’examen des « interactions entre espaces humains et littérature », constitue l’un des courants les plus féconds des recherches littéraires d’aujourd’hui. Néanmoins, si productive et inventive soit-elle, cette approche n’épuise nullement le potentiel des études focalisées sur ce que l’on serait tenté d’appeler « le géographique » du texte littéraire. En effet, depuis l’essai fondateur de Deleuze-Guattari où la déterritorialisation définit le mouvement transgressif du désir, jusqu’au roman de Houellebecq où la carte et le territoire désignent une tension à l’œuvre dans l’existence de l’homme et celle du monde entier, les métaphores géographiques ne cessent d’ouvrir la littérature à l’Autre et de déstabiliser son statut en tant qu’entité mimétique bien délimitée.

2017

Vol 7, No 12 (2017): Cahiers ERTA. Littératures populaires et cultures médiatiques

Les littératures populaires et les cultures médiatiques constituent un champ de recherche particulièrement intéressant pour des approches bilatérales, vu que l’objet d’investigation est un phénomène par excellence transculturel qui de par sa nature incite à, voire demande d’être étudié à partir de perspectives culturelles variées mais complémentaires. Le travail commun des spécialistes belges et polonais sur les littératures populaires, la bande dessinée ou la littérature d’enfance et de jeunesse consiste en une analyse des influences et des échanges réciproques entre les cultures de l’Europe occidentale et centrale, avec l’accent mis sur la présence belge et polonaise.

2016

No 10 (2016): Cahiers ERTA nr 10

Après avoir parcouru les textes publiés dans le numéro précédent de Cahiers ERTA qui traite, lui aussi, de la résistance, on constate que la parole est un moyen de résistance efficace. La résistance enfermée dans un mot littéraire n’est pas moins forte que celle exprimée par une action. Or, on est censé croire que la force de la parole est illimitée. Mais l’est-elle effectivement ?

2015

No 8 (2015): Cahiers ERTA 8/2015. Narrations

Narro – raconter, relater, apporter un message, rappeler, appeler,
parler. Le point de départ est riche lorsqu’on cherche l’étymologie
du mot « narration », au centre de l’intérêt des auteurscontributaires
du huitième numéro de Cahiers ERTA. Raconter
une histoire, suivre le cours des événements qui s’imposent,
sympathiser avec les personnages, s’écarter d’eux... les activités
liées à la narration sont nombreuses. Narrer est une capacité innée
de l’être humain. Les dessins dans la grotte de Lascaux, un
roman de Balzac, une exposition de photographies, la publicité
racontent, chacun à sa manière, une histoire. Discontinue ou
consécutive, elle accapare l’attention du récepteur qui, parallèlement,
construit sa propre histoire. Se libérer de la narration ? Impossible.
Tous les domaines de la vie, la culture, la politique, etc.,
portent une empreinte narrative. Elle structure d’une façon indéniable
la réception et la présentation de l’univers. La littérature
est-elle un terrain privilégié de la narration ? Si l’on prend en
considération les formes nombreuses et différenciées de la narration,
la réponse devrait être négative. On dirait plutôt que c’est
l’espace le plus approprié de la narration, où la conscience de son
existence et des conséquences qui en résultent est évidente.
Qu’en disent les auteurs de cette publication ?

2017

Vol 7, No 11 (2017): Cahiers ERTA nr 11.

Il y a des sentiments forts – honte, malaise, inquiétude, ressentiment – bien enracinés dans notre conscience et/ou inconscience dont la présence trouble à ce point notre bien-être que nous évitons soigneusement de les évoquer. Ils font partie de notre intimité, parfois dévoilée devant certains privilégiés. La littérature, lieu privilégié de dévoilement plus ou moins direct, renonce aussi à aborder ces questions, crier à haute voix les ravages causés par les sentiments en question. On a honte de parler de la honte, le cercle se referme, dessinant la figure paradoxale qui décrit parfaitement l’état des choses. Ils ne sont pas nombreux, les auteurs qui ont le courage de développer en image littéraire ces sentiments « troublants » dont « le contenu » est variable et peut concerner des domaines très éloignés. Par le biais de ces sentiments, on peut observer une autre forme du mal-être qui est l’acédie. Cette attitude qui résulte de l’épuisement, de l’abandon de soi-même, de l’affaiblissement découvre tant la sensibilité que son manque, s’exprime soit par la mélancolie soit par un penchant ardent pour le mal. Les auteurs des textes présentés dans le numéro 11 de Cahiers ERTA dépistent les formes dont les sentiments en question se revêtent et ouvrent un dialogue difficile néanmoins important.

2016

No 9 (2016): Cahiers ERTA 9/2016. Actes de résistance

Gilles Deleuze affirme : « Tout acte de résistance n’est pas une
oeuvre d’art bien que, d’une certaine manière elle en soit. Toute
oeuvre d’art n’est pas un acte de résistance et pourtant, d’une
certaine manière, elle l’est ».
Créer c’est, d’une certaine manière, résister. S’opposer à quelque
chose qui est exprimé d’une façon explicite ou implicite. La résistance
passive (vide, omission) peut être efficace au même degré
que la résistance active. Les formes de résistance étant nombreuses,
on la saisit sur des niveaux différents de différents
textes de culture. On résiste à l’idée, à l’idéologie, à l’attitude, à la
forme, au langage, à l’événement.... La résistance de la matière
à vaincre par l’artiste évoquée dans L’Art de Gautier n’est qu’un
des aspects de cette notion-sac dans le contexte de la création.
Les matières abordées dans la littérature ou par la littérature qui
provoquent la résistance sont multiples, complexes, non univoques.
Tout peut résister, le caractère souple de la résistance
s’impose, l’inventivité étant illimitée. Quelle est la source de la
résistance ? Et qu’est-ce qui en découle ?

2015

No 7 (2015): Cahiers ERTA 7/2015. Addictions

L’addiction est une immersion dans un monde/un espace qui, en
fait, n’a qu’une couleur, la couleur de la destruction, même si un
addict en voit plusieurs. A-t-on le choix ? Homo sapiens doté d’une
intelligence et d’une volonté, pourquoi l’homme n’évite-t-il pas le
piège de l’addiction ? Dans quelle mesure l’addiction est-elle un
acte de volonté ? L’homme est-il condamné à jamais à lutter
contre l’addiction ? Est-elle son ombre inévitable ? La peur de la
perte est-elle un stimulus pour rejeter son addiction ou plutôt
pour s’y plonger plus encore ? A-t-on la conscience d’être déjà un
addict ? Pressent-on le danger qui se cache derrière la façade
attirante de l’addiction ? Les auteurs des articles publiés dans le
numéro 7 de Cahiers ERTA posent eux aussi des questions qui,
parfois, restent sans réponse ; celle-ci apparaîtra un jour ou
l’autre.

2014

No 6 (2014): Cahiers ERTA nr 6. Nature morte

La nature morte, juxtaposition antithétique, a perdu, il y a longtemps
déjà, sa force d’expression. Jadis, pour qu’un élément soit
mort, il avait dû être vivant, la perte de la vie étant la condition
sine qua non pour devenir nature morte. Limitée autrefois à un
certain type de tableaux, cette locution est, de nos jours, appliquable
à des saisissements différents, qui se réalisent à l’aide de
moyens différents que le pinceau, tels que la plume de l’écrivain
ou l’oeil de la caméra, l’arrêt, l’immobilisation suffisant et justifiant
l’apparition de la nature morte. L’adjectif « morte » connote
obligatoirement le manque de mouvement, la rigidité, la perte de
couleurs, la froideur, l’immobilité, et aussi la sérénité, le silence
et en opposition – les cris, la peur, la violence, la lutte. S’impose
immédiatement ce qui domine dans l’état mort et se cache ce qui
l’a précédé. Et ce passage d’un état à l’autre est présent aussi
bien dans les saisissements anciens que contemporains de la
nature morte. Les articles présentés dans le sixième tome des
Cahiers ERTA retiennent les différents aspects d’être-en-état mort,
leurs analyses nuancées révélant autant de vie que de mort
dans les représentations de la nature morte.



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